Si tu ressembles à la plupart des personnes engagées activement dans une démarche d’amélioration — que ce soit pour créer une meilleure entreprise, de meilleures relations, un meilleur corps ou une meilleure vie — il y a de fortes chances que tu aies beaucoup de choses en tête la plupart du temps.
Ma propre fille l’a remarqué très tôt chez moi. Dès ses quatre and, elle me lançait souvent « papa, arrête de réfléchir! Tu fais que ça! »
Même si j’aime bien qu’elle se sente en droit de me couper dans mon sur-menage mental, la vérité est que, de manière générale :
• Plus nous avons de choses en tête, moins nous sommes créatifs.
• Plus nous avons de choses en tête, plus nous faisons d’erreurs — de la ponctuation oubliée dans nos emails au fait de passer à côté de l’essentiel dans nos échanges avec les autres.
• Plus nous avons de choses en tête, plus les autres êtres humains ont tendance à nous paraître agaçants, et plus il devient difficile de se relier à eux.
• Plus nous avons de choses en tête, plus il devient difficile de profiter de la vie.
Nous sommes moins créatifs parce que le flux naturel de créativité et de pensée originale est bouché par le recyclage constant d’idées (généralement peu utiles).
Nous faisons davantage d’erreurs parce que notre attention est déjà presque entièrement consommée par notre activité mentale, laissant peu de place pour retenir les prénoms ou éviter de se cogner dans les meubles.
Les autres nous paraissent agaçants parce qu’ils nous demandent quelque chose, et que nous n’avons plus la bande passante nécessaire pour les considérer — encore moins pour ajouter quoi que ce soit à une liste mentale déjà saturée.
Et il devient plus difficile de profiter de la vie parce que les moments de véritable calme, de silence et de présence — les conditions mêmes de la joie — sont enfouis sous une tonne de paperasse mentale qu’on essaye de traiter à flux tendu, dans notre tête.
Heureusement, l’inverse est aussi vrai :
• Moins nous avons de choses en tête, plus nous sommes créatifs.
• Moins nous avons de choses en tête, mieux nous travaillons.
• Moins nous avons de choses en tête, plus nous sommes capables d’accueillir les autres tels qu’ils sont et de nous relier à eux de façon juste.
• Moins nous avons de choses en tête, meilleure devient la vie.
Nous sommes plus créatifs parce que nous sommes disponibles à des pensées nouvelles, à des intuitions et des prises de conscience « sorties de nulle part ».
Nous travaillons mieux parce que nous sommes réellement au travail, au lieu d’avoir le corps à notre bureau pendant que l’esprit voyage dans le temps et l’espace.
Nous pouvons accueillir les autres parce que nous sommes présents pour les rencontrer et les écouter quand ils parlent d’eux.
Et la vie devient meilleure parce que nous sommes LÀ pour en profiter.
J’ai lu un jour un extrait d’une conférence de Robert Holden que j’adore :
« Si tu as l’impression que quelque chose manque dans ta vie, c’est probablement toi. »
C’est dans le mille.
Après des années à trop réfléchir…(et bien moins de temps à simplement goûter et observer la nature d’un esprit calme), j’ai identifié trois raisons principales pour lesquelles les gens continuent à surcharger leur mental, au point d’être déjà submergés avant même de sortir du lit le matin.
1. Ils sont tellement habitués au bruit de fond constant dans leur tête qu’ils ne le remarquent même plus.
Je constate une énorme différence entre le MOI entre 15 et 35 ans qui opérait sous un seul mode de fonctionnement et le MOI d’aujourd’hui qui oscille entre l’ancien mode et un nouveau.
Avant je devais toujours FAIRE. Je ne m’arrêtais jamais, c’était une vie sans relâche. J’abattais beaucoup, mais je me créé en parallèle beaucoup de stress, beaucoup d’anxiété, beaucoup o de temps passé dans ma tête, coupé du monde extérieur.
Aujorud’hui, ça m’arrive toujours. mais je sais que c’est un pattern coûteux. Il y a certains jours où je me retrouve assis à mon bureau, j’ai terminé tout ce qui figurait sur ma liste de tâches, et là je suis pris d’une sensation étrange, comme si « quelque chose manquait », comme si j’avais oublié un truc important.
Après quelques minutes à simplement rester avec cette sensation, souvent je vois que ce qui semble manquer… c’est le vacarme habituel de toutes les choses que je pensais devoir garder à l’esprit : les projets à venir, les factures du mois prochain, le cash à faire rentrer, l’état du monde.
Parce qu’en fait, il était 11h et j’avais réellement terminé ma journée. Je m’étais autorisé à ne plus penser à tout cela et à laisser mon esprit se reposer,ce que je ne faisais jamais avant.
2. Ils pensent qu’avoir l’esprit occupé est un signe d’intelligence et/ou de responsabilité.
Les êtres humains sont remarquablement sensés. Nous faisons toujours ce qui nous semble logique, compte tenu des pensées que nous prenons pour vraies.
Si je crois que des extraterrestres tentent de voler mes idées, porter un casque en aluminium devient une réponse parfaitement sensée — même si sur le papier, c’est un peu bancal.
De même, si je crois qu’avoir l’esprit constamment occupé fait partie du fait d’être un adulte responsable, smart et ambitieux, je trouverai toujours quelque chose pour occuper mon mental, même si je n’aime pas ce que cela me fait ressentir ni à quel point cela me rend inefficace.
Le comportement est cohérent. C’est l’idée générale qui est discutable.
3. Ils essaient d’utiliser leur mental surchargé pour “guérir” leur mental surchargé, et concluent que c’est trop de travail — alors abandonnent.
Il y a quelques années, J’avais une conversation avec un coach dans un moment où tout flanchais dans mon esprit. Je ne faisais littéralement que me plaindre, montrer ce qui clochait dans mon environnement, à quel point ça me tirait vers le bas, qu’il fallait que je change tout ça ,etc… J’avais une tonne de bonnes excuses.
Après avoir écouté mes lamentations, quand il m’a suggéré de prendre une semaine de pause dans ma tentative de me « réparer parce j’étais cassé », mon réflexe a été de lui dire qu’il ne comprenait pas, que ce n’était pas aussi simple, que la situation était grave, et qu’il minimisait des problèmes vriament réels.
Puis il m’a raconter une histoire sur les mirages mentaux dans lesquels nous vivons tous. Je ne me souviens plus de l’histoire. Le truc qui s’est passé, c’est que je ne pense pas avoir été convaincu intellectuellement par ce qu’il me racontait. Par contre, clairement, j’ai ressenti une sorte d’apaisement. Et j’étais mieux. Moins speed. Moins anxieux, Moins dans ma tête.
Ça peut paraître simpliste, mais quelle que soit la manière d’y parvenir, le remède le plus simple et le plus fiable à un mental surchargé, ben c’est d’arrêter de le surcharger.
Dès l’instant où nous lâchons la pensée et que revenons à nous-mêmes, tout notre système se réinitialise. C’est un plugin natif. On l’a tous. Et c’est assez magique d’en faire l’expérience.
Notre organisme se remplit à nouveau de toutes les substances bienfaisantes qui n’attendaient qu’une ouverture pour revenir, endorphine, dopamine, etc.
Dans ce calme interne, séparé des circonstances extérieures, nous nous entendons à nouveau et pouvons faire confiance à nos désirs, à notre bon sens et à ce qui raisonne profondément. On redonne de la place à cette petite voix qui veut notre bien. Et en faisant ça, ce n’est plus une petite voix. C’est une voix qu’on entend.
Et il s’avère que, lorsque nous sommes suffisamment présents pour la remarquer, le monde est un endroit sacrément cool — malgré toutes ses imperfections.
La manière la plus simple que je connaisse pour goûter aux bienfaits d’un esprit relativement vide est de s’autoriser à en avoir un.
Alors si tu es partant, je te propose un challenge. Accorde une semaine de congé à ton cerveau dans sa tentative de gérer ta vie et de tout contrôler. Observe à quel point tu deviens plus efficace et à quel point tu te sens mieux.
Ton cerveau restera disponible pour ce en quoi il excelle réellement — se souvenir des prénoms, rappeler des informations utiles pour les conversations et le travail.
Et le reste du temps, tu vivras dans le flow naturel du quotidien, tu seras plus présent et disponible à chaque instant pour ce qui souhaite attirer ton attention.
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